Archive(s) de la catégorie ‘Open Access’
RERO : mutliples liens avec le domaine de la médecine
Le dernier numéro de la Lettre de RERO du 3 novembre, contient des informations intéressantes, tout particulièrement pour nos bibliothèques de médecine et de santé publique. Les collections numériques déposées dans RERODOC s’enrichissent de périodiques dans le domaine du droit de la santé et de la psychologie, comme La revue Suisse du droit de la Santé (Université de Fribourg), les Cahiers ainsi que les Dossiers de Psychologie (Université de Neuchâtel).
Par ailleurs, un professeur de la Faculté de Biologie et Médecine de l’Université de Lausanne, actuellement Vice-Recteur, Monsieur Philippe Moreillon entre au conseil exécutif de RERO.
Au passage, signalons la nouvelle page « Classification » créée sur le site des Bibliothèques Universitaires de Médecine au CHUV, qui permet d’afficher les notices RERO des livres présents dans les collections cliniques à partir des cotes de la classification NLM.
Ce n’est pas du « green », ce n’est pas du « gold », est-ce alors du « green gold » ?
Un professeur vient de nous signaler l’offre reçue de l’American Physiological Society concernant l’accès à un article accepté pour publication dans l’American Journal of Physiology – Cell Physiology. L’éditeur, qui est classé par le site Sherpa / RoMEo, comme un éditeur « blanc », c’est à dire un éditeur qui refuse d’auto-archivage, lui propose la formule « Toll free link« .
En quoi consiste donc cette offre?
Au lieu de filtrer les accès aux articles depuis une adresse IP, l’éditeur semble être en mesure de filtrer les accès à un article spécifique depuis une adresse web, un URL bien précis. Il serait donc possible de donner l’url d’une page qui liste les publications d’un auteur et l’éditeur accepte que toutes les demandes de visualisation d’un article provenant de cette page de références soit honorées pendant la période des 12 mois durant laquelle l’accès aux revues APS est normalement protégé par des licences.
Cette prestation est bien entendu payante (est ce donc du gold ?), l’APS demande à l’auteur de payer environ $150 pour l’article qu’il souhaite rendre accessible. Mais l’avantage par rapport à l’archivage du post print par l’auteur (le green !) est que cette version (semi-) publique est une version authentique, complète, impeccable.
Techniquement, il faudrait quand même voir quels types d’url l’éditeur est en mesure d’accepter. Actuellement les listes de références gérées par les différents systèmes de serveurs institutionnels ou de CMS sont des liens dynamiques dont la syntaxe est parfois complexe. Ces liens sont ils utilisables pour l’identification des accès sur un service tiers ?
L’Open Access en capsule
La fameuse « capsule de pain » a traité aujourd’hui le sujet complexe de « Internet et l’édition scientifique » et fait un minuscule tour de la question avec Isabelle de Kaenel en 4 minutes!
L’accès ouvert, pour tous les niveaux
Toujours beaucoup d’activités sur le front de la bataille pour l’accès ouvert.
Au niveau politique, lisez le document présenté la semaine dernière conjointement par J. Potocnik, Commissaire chargé de la science et de la recherche, et V. Reding, Commissaire chargée de la Société de l’information et des médias.
Intitulé «L’information scientifique à l’ère numérique, accès, diffusion et conservation», cette note synthétique sur les enjeux de l’Open access et les évolutions de la communication scientifique, disponible en français, est plus accessible que le rapport très complet de la commission européenne, publié en janvier 2006, et complété ensuite par les résultats de la consultation publique.
Ceux déterminés à approfondir le sujet du point de vue technique pourront suivre le séminaire OAI (le 5ème de la série), au CERN à Genève, qui rassemblera du 18 au 20 avril les experts du domaine.
En complément une vision, moins officielle, moins scientifique, mais très abordable, de l’accès libre nous est donnée par le site du Zéro (plus sérieux que le nom laisse entendre) qui a fait le tour de la question dans un billet intitulé : 2007, essor de la culture libre
Open Access, Creative Commons et la Suisse
Après l’excellente formation sur l’Open Access donnée en interne par Isabelle de Kaenel le lundi 5 février (j’assume le risque d’utiliser cet adjectif qualificatif s’agissant de notre cheffe, mais c’est complètement sincère et je pense que ceux qui ont assisté seront d’accord avec moi, sinon les commentaires sont ouverts…) j’avais envie de vous faire partager trois découvertes importantes que j’ai fait dans ce domaine et dont deux ont la Suisse comme protagoniste principale (et bien oui, heureusement qu’il y a des jours où les préjugés nous sautent dans la figure…).
La première découverte de la semaine fut l’ouverture du site « Crative Commons Switzerland » : http://creativecommons.ch/
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Je savais depuis environ une année que l’institut suisse « Openlaw » (fondé en 2003 par Mike J. Widmer, Christian Laux et Alex Schröder et qui a pour slogan « Plattform für Recht und freie Software » et pour but d’informer sur les aspects juridiques concernant les logiciels gratuits, les logiciels « Open Source » et l’ »Open Content » en Suisse), travaillait en collaboration avec l’organisation Creative Commons pour créer des licences spécifiques pour la juridiction suisse à partir des licences communes Creative Commons. Vous pouvez consulter sur ce site les différentes étapes du projet ainsi que le projet de licence (dommage que la plupart de la documentation soit en allemand!), et vous constaterez comme moi, que cette collaboration semble proche d’arriver à son but.
Pour soutenir ce projet, malgré qu’il n’y ait pas encore de législation approuvée pour la Suisse, j’ai ajouté une licence Creative Commons à ce blog, vous pouvez l’admirer tout en bas de chaque page :
La deuxième découverte de la semaine est le programme « Science Commons » qui a pour but de développer le modèle des licences Creative Commmons dans le domaine de la science. Dans un document pdf, ils racontent l’histoire et la philosophie de ce projet, en ayant conscience de l’énorme complexité de la tâche. Voici quelques extraits que j’ai trouvé très intéressants (le soulignement de certaines passages est de ma main ou plutôt de ma souris) :
« Creating an open regime of sharing and reuse in the sciences is a complicated proposition. Though copyrights guard the final published documents in peer reviewed journals, patents protect inventions (some more unique than others) and a web of handshakes and contracts guard the tools, materials, datasets, databases and informal knowledge transfer of day-to-day science.[...] »
« Science requires universities, funders, companies, researchers, publishers, consumers, technicians, librarians and more. Each stakeholder represents an opportunity to inject control into the scientific process, especially as each one moves into the networked culture – and some of that control is beneficial or necessary. To find which barriers to sharing are unnecessary is a problem that demands both interdisciplinary and practical investigation. To remove the unnecessary barriers requires an ability to produce consensus among disparate parties, and even more, a large degree of humility: neither the problems nor their solutions might be predicted by reigning academic theory.
Creative Commons returned to science in early 2005 with the launch of Science Commons. Millions of creative works were already on the Web under Creative Commons licenses (the current count is 140,000,000 – ranging from music, films and political blogs, to textbooks and MIT’s Open Courseware) and we had gained significant experience in open licensing approaches, complex negotiations, and community building. We had the ambition of achieving for the world of science and data, what Creative Commons had begun to achieve for the world of culture, art and educational material: to ease unnecessary legal and technical barriers to sharing, to promote innovation, to provide easy, high quality tools that let individuals and organizations specify the terms under which they wished to share their material. »
Tout cela est très proche et va dans le même sens que le mouvement Open Access ou de libre accès aux résultats de la recherche scientifique que nous avons parcouru lundi, et qui nous amène à la troisième et dernière découverte, celle d’une grosse base de données constitué à partir des différentes archives ouvertes ou dépôts de publications institutionnels dans le monde, appelé « Scientific Commons« mais qui n’a pas grand chose à voir avec le projet précédant « Science Commons » sauf que les deux projets sont issus de la même philosophie d’open access.
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Ce gigantesque moissonneur a digéré plus de 13′000′000 de références et extrait plus de 6′000′000 d’auteurs et serait donc, si l’on fait confiance aux chiffres données par une base en version Beta, plus gros qu’OAIster qui vient de franchir le seuil de 10′000′000 des notices (la masse critique nécessaire pour compter sur le web aujourd’hui selon paroles d’Isabelle). Non seulement la recherche est très rapide, mais la navigation et la présentation des résultats est très conviviale et jolie (c’est rare), même si elle fait penser beaucoup à l’interface live.com de Microsoft avec l’usage d’AJAX et de script.aculo.us (ensemble de programmas javascript libres utilisé aussi dans le déploiement des menus dans les OPACs de RERO). Cerise sur le gâteau, cette base rassemble par des algorithmes automatiques les publications d’un même auteur issues des différentes dépôts, et donne pour chacun une liste d’auteurs qui lui seraient proches ou qui sont actifs dans le même domaine que lui (appelés un peu maladroitement « co-authors« , mais ce n’est qu’un petit détail)
C’est donc très surprenant qu’autant de bonnes choses soient passées un peu inaperçues sur le web et la blogosphère, mais c’est peut-être à cause du caractère trop « suisse » ou trop modeste de l’institution qui est derrière ce projet : l’Université de St-Gall avec l’hébergement et le développement de la base faits par l’ »Institute for Media and Communications Management« .
Faisons donc un peu de bruit pour montrer qu’en suisse l’Open Access fait des énormes progrès en ce moment (pour plus d’information, n’oubliez pas de regarder les pages consacrés à l’Open Access et à l’Open Archives Initiative sur le site de la CODUL, très riche et actualisé en permanenece) : et vive RERO DOC, ZORA et Infosciences et bientôt SERVAL!!!
MAJ (vu dans Arbido) : L’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH) organise le 1er Mars 2007 à l’Hôtel Bellevue de Berne, un colloque qui a pour thème « Open Access: Du principe à la mise en pratique« . Le nombre de places est limité, il faut donc se dépecher pour reserver une auprès de martine.stoffel@sagw.ch ou appeler le 031/313′14′55 ou encore le 031/313′14′40
La part du gratuit dans l’offre électronique biomédicale
Quelle est la part du gratuit dans les articles biomédicaux accessibles électroniquement ? Une présentation faite dans le cadre du congrès ASIS&T 2006 donne des résultats intéressants : sur 4 756 articles biomédicaux, sélectionnés de manière aléatoire parmi les articles publiés de janvier à septembre 2005 et indexés dans PubMed, 75% des articles sont accessibles en ligne et 25% (1 189) sont librement accessibles. Ces 1 189 articles sont accessibles via, soit le modèle libre accès, soit le modèle hybride ; et près de 11% le sont par des archives institutionnelles ou des sites.
La Suisse représente 1,6% des articles analysés avec 18 % d’entre eux en libre accès.
HAL (Hyper Articles en Ligne) tend la main à la Suisse romande
Franck Laloë, physicien à l’origine du dépôt institutionnel français HAL, a rencontré le 7 novembre, lors de son passage en Suisse, quelques membres du comité de projet Serval. Il a insisté sur les dangers que présentait la mise en place d’archives institutionnelles indépendantes et dispersées (même interopérables à bas niveau, genre OAI-PMH). Le résultat est bien souvent des efforts colossaux pour récolter en quelques années 1000 documents à peine, parfois moins. Si le système n’atteint pas rapidement une masse critique, les chercheurs s’en désintéressent . Beaucoup de travail pour un faible rendement !
Les chercheurs veulent un système qui apparaisse comme complètement international, comme ArXiv pour la physique, pas un système local; sinon, ils mettent mentalement l’entreprise dans la case »administration » et pas « recherche ». C’est bien cette demande fondamentale des utilisateurs qui a poussé les établissements universitaires français à se regrouper. Selon Franck Laloe, actuellement chargé de mission pour les archives ouvertes auprès de la direction du CNRS, rien ne serait plus utile à ce stade que d’ouvrir le cercle au delà des frontières, en commençant par la Suisse francophone par exemple.
Il présente Hal d’emblée comme un système à vocation internationale, couplé à Pubmed Central et ArXiv, et totalement pluridisciplinaire (ce qui est son originalité). C’est avant tout un instrument de communication scientifique directe, qui produit au passage (via une structure originale des métadonnées) de nombreux services admintratifs (extraction de listes de publications de toutes sortes, remplissage automatique de données quantitatives, etc..). Pour en savoir plus sur les idées de Franck Laloë sur les archives ouvertes et la communication scientifique directe, voir la dernière présentation faite à Paris le 16 novembre.
Le Wellcome Trust et l’Open Access
Une des présentations les plus intéressantes de la conférence EAHIL à Cluj était celle de Robert Kiley, Head of E-strategy au Wellcome Trust, intitulée Open access : a funders’ perspective . Cette institution exige depuis le 1er octobre que tout article concernant des recherches financées par le Wellcome Trust soit publié en Open Access sur le site de Pubmed Central ou sur le site en création UK-Pubmed Central: voir le texte exact de la résolution.
Pour répondre à cette exigence Elsevier a signé le 1er octobre un accord avec le Wellcome Trust. Voici ce qu’explique le communiqué de presse (il faut un peu s’accrocher pour comprendre).
Elsevier maintient sa position : un auteur est autorisé à mettre le manuscrit de sa publication uniquement sur son site personnel ou le site de son institution, le lien sur le site officiel de la revue doit également figurer. Afin d’autoriser les auteurs à déposer l’article sur PMC, Elsevier exige de l’argent. Et ce n’est pas donné, $3000 par article, plus encore pour les revues Cell Press, et plus encore pour publier dans The Lancet.
Pour cet argent, Elsevier fournira à l’auteur une version destinée à être déposée dans PubMed Central. L’article sera également en « Open Access » sur le site d’Elsevier. Un lien devra figurer entre la version disponible sur Pubmed Central et la version disponible sur le site de l’éditeur.
Le Wellcome Trust s’engage à rembourser ces frais de publications aux auteurs qui y seront astreints.
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