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Un autre regard sur la Bibliothèque Universitaire de Médecine de Lausanne

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Open Access, Creative Commons et la Suisse

Après l’excellente formation sur l’Open Access donnée en interne par Isabelle de Kaenel le lundi 5 février (j’assume le risque d’utiliser cet adjectif qualificatif s’agissant de notre cheffe, mais c’est complètement sincère et je pense que ceux qui ont assisté seront d’accord avec moi, sinon les commentaires sont ouverts…) j’avais envie de vous faire partager trois découvertes importantes que j’ai fait dans ce domaine et dont deux ont la Suisse comme protagoniste principale (et bien oui, heureusement qu’il y a des jours où les préjugés nous sautent dans la figure…).

La première découverte de la semaine fut l’ouverture du site « Crative Commons Switzerland » : http://creativecommons.ch/

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Je savais depuis environ une année que l’institut suisse « Openlaw » (fondé en 2003 par Mike J. Widmer, Christian Laux et Alex Schröder et qui a pour slogan « Plattform für Recht und freie Software » et pour but d’informer sur les aspects juridiques concernant les logiciels gratuits, les logiciels « Open Source » et l’ »Open Content » en Suisse), travaillait en collaboration avec l’organisation Creative Commons pour créer des licences spécifiques pour la juridiction suisse à partir des licences communes Creative Commons. Vous pouvez consulter sur ce site les différentes étapes du projet ainsi que le projet de licence (dommage que la plupart de la documentation soit en allemand!), et vous constaterez comme moi, que cette collaboration semble proche d’arriver à son but.

Pour soutenir ce projet, malgré qu’il n’y ait pas encore de législation approuvée pour la Suisse, j’ai ajouté une licence Creative Commons à ce blog, vous pouvez l’admirer tout en bas de chaque page :

Creative Commons License

La deuxième découverte de la semaine est le programme « Science Commons » qui a pour but de développer le modèle des licences Creative Commmons dans le domaine de la science. Dans un document pdf, ils racontent l’histoire et la philosophie de ce projet, en ayant conscience de l’énorme complexité de la tâche. Voici quelques extraits que j’ai trouvé très intéressants (le soulignement de certaines passages est de ma main ou plutôt de ma souris) :  

« Creating an open regime of sharing and reuse in the sciences is a complicated proposition. Though copyrights guard the final published documents in peer reviewed journals, patents protect inventions (some more unique than others) and a web of handshakes and contracts guard the tools, materials, datasets, databases and informal knowledge transfer of day-to-day science.[...] »

« Science requires universities, funders, companies, researchers, publishers, consumers, technicians, librarians and more. Each stakeholder represents an opportunity to inject control into the scientific process, especially as each one moves into the networked culture – and some of that control is beneficial or necessary. To find which barriers to sharing are unnecessary is a problem that demands both interdisciplinary and practical investigation. To remove the unnecessary barriers requires an ability to produce consensus among disparate parties, and even more, a large degree of humility: neither the problems nor their solutions might be predicted by reigning academic theory.

Creative Commons returned to science in early 2005 with the launch of Science Commons. Millions of creative works were already on the Web under Creative Commons licenses (the current count is 140,000,000 – ranging from music, films and political blogs, to textbooks and MIT’s Open Courseware) and we had gained significant experience in open licensing approaches, complex negotiations, and community building. We had the ambition of achieving for the world of science and data, what Creative Commons had begun to achieve for the world of culture, art and educational material: to ease unnecessary legal and technical barriers to sharing, to promote innovation, to provide easy, high quality tools that let individuals and organizations specify the terms under which they wished to share their material. »

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Tout cela est très proche et va dans le même sens que le mouvement Open Access ou de libre accès aux résultats de la recherche scientifique que nous avons parcouru lundi, et qui nous amène à la troisième et dernière découverte, celle d’une grosse base de données constitué à partir des différentes archives ouvertes ou dépôts de publications institutionnels dans le monde, appelé « Scientific Commons«  mais qui n’a pas grand chose à voir avec le projet précédant « Science Commons » sauf que les deux projets sont issus de la même philosophie d’open access.

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Ce gigantesque moissonneur a digéré plus de 13′000′000 de références et extrait plus de 6′000′000 d’auteurs et serait donc, si l’on fait confiance aux chiffres données par une base en version Beta, plus gros qu’OAIster qui vient de franchir le seuil de 10′000′000 des notices (la masse critique nécessaire pour compter sur le web aujourd’hui selon paroles d’Isabelle). Non seulement la recherche est très rapide, mais la navigation et la présentation des résultats est très conviviale et jolie (c’est rare), même si elle fait penser beaucoup à l’interface live.com de Microsoft avec l’usage d’AJAX et de script.aculo.us (ensemble de programmas javascript libres utilisé aussi dans le déploiement des menus dans les OPACs de RERO). Cerise sur le gâteau, cette base rassemble par des algorithmes automatiques les publications d’un même auteur issues des différentes dépôts, et donne pour chacun une liste d’auteurs qui lui seraient proches ou qui sont actifs dans le même domaine que lui (appelés un peu maladroitement « co-authors« , mais ce n’est qu’un petit détail)

C’est donc très surprenant qu’autant de bonnes choses soient passées un peu inaperçues sur le web et la blogosphère, mais c’est peut-être à cause du caractère trop « suisse » ou trop modeste de l’institution qui est derrière ce projet : l’Université de St-Gall avec l’hébergement et le développement de la base faits par l’ »Institute for Media and Communications Management« .

Faisons donc un peu de bruit pour montrer qu’en suisse l’Open Access fait des énormes progrès en ce moment (pour plus d’information, n’oubliez pas de regarder les pages consacrés à l’Open Access et à l’Open Archives Initiative sur le site de la CODUL, très riche et actualisé en permanenece) : et vive RERO DOC, ZORA et Infosciences et bientôt SERVAL!!!

MAJ (vu dans Arbido) : L’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH) organise le 1er Mars 2007 à l’Hôtel Bellevue de Berne, un colloque qui a pour thème « Open Access: Du principe à la mise en pratique« . Le nombre de places est limité, il faut donc se dépecher pour reserver une auprès de martine.stoffel@sagw.ch ou appeler le 031/313′14′55 ou encore le 031/313′14′40

Fenêtres avec vue

Microsoft lance ce jour son nouveau système d’exploitation : Windows Vista. Ce que les bibliothèques intéressées par la gestion des droits numériques (Digital Rights Management) peuvent retenir c’est que ce système d’exploitation incorpore des procédures de contrôle qui permettent d’atteindre un niveau de protection jusque-là inégalé, notamment pour les contenus vidéo.

Mais c’est en fait l’ensemble de la gestion des droits des documents (texte et multimédia) qui est intégrée dans Vista et Office 2007. L’éditeur entend résoudre la pauvreté des possibilités de protection des fichiers de type texte en imposant un nouveau format, XPS (XML Paper Specification), censé sonner le glas du format Abode « pdf »

Quels droits s’appliquent aux différentes utilisations des fils RSS ?

Grace à ma collègue Anne, j’ai pris connaissance de cette question, traitée brièvement par l’ADBS dans le no 72 de « Actualités du droit de l’information » paru en septembre 2006 et consacré surtout à la loi du « Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) promulgé le 1er août 2006.

L’ADBS rapelle que lorsque l’on s’abonne à un fil RSS il faut respecter les conditions exposés par le producteur original du flux RSS (une sorte de contrat?), mais ils n’ont pas précisé qu’elle est le cadre qui s’applique lorsque ces conditions ne sont pas explicitées (très souvent il n’y en a pas). A titre d’exemple ils renvoient aux conditions d’utilisation de l’AFP.

En plus, selon l’ADBS « Il est interdit de modifier l’ordre et la présentation des informations initialement prévus par le concepteur du fil RSS » (là je ne vois pas l’inconvenient de modifier l’aspect avec une feuille de style par exemple, ou l’ordre des billets).

Les informations reprises à partir d’un flux RSS (généralement les titres) « ne doivent pas être insérées dans un contexte inapproprié, qui pourrait porter préjudice au producteur du fil RSS, ni être présentées d’une manière qui pourrait laisser entendre que l’on soit éditeur des pages obtenues par le biais du fil RSS auquel on s’est abonné. » là je suis complètement d’accord.

Quand c’est à nous de proposer des fils RSS, l’ADBS conseille de ne proposer que des liens vers nos propres pages et de s’assurer qu’il n’y a pas de problème juridique quand il y a des liens externes… là c’est trop demander à mon avis.

Cet autre conseil me semble plus adapté et utile : « Il est prudent aussi de ne donner aucune garantie de non-interruption du service ni sur les conséquences qui pourraient résulter de l’utilisation des informations diffusées par le biais du fil RSS et de prévoir la possibilité de modifier les conditions de la licence que l’on accorde« .

Il reste du travail à faire dans cette nouvelle forme de diffusion de l’information sur le web et il nous faudra surement revenir sur les questions du droit qui sont liées autant dans la production que dans la consomation des flux RSS.

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