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Un autre regard sur la Bibliothèque Universitaire de Médecine de Lausanne

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L’indexation matière a-t-elle encore du sens à l’époque de Google ou d’Amazon ?

Compte rendu de la 6e Conférence de la DIS (Université de Genève) Apologie de l’indexation-matière

Intervenant :  Bruno Menon,  maître de conférences associé, Université Paris 8, Département Sciences de l’information et de la documentation).
Présentation Powerpoint et références complètes disponibles sur http://www.unige.ch/biblio/sinformer/conferences.html

L’indexation matière a-t-elle encore du sens à l’époque de Google ou d’Amazon ?

Dans le cadre des catalogues actuels et surtout futurs, l’indexation matière est souvent jugée obsolète car trop compliquée, trop chère, peu utilisée. Les modèles d’accès à l’information issus des entreprises dominantes du Web seraient à privilégier, car plébiscités par les utilisateurs. Deux rapports américains de la bibliothèque de l’Université de California (UC 2005) et de la bibliothèque du Congrès (Calhoun, 2006) préconisent donc l’abandon de l’usage des vocabulaires contrôlés pour l’expression du sujet dans les notices bibliographiques. Calhoun estime même que les collections entièrement numérisées, indexées automatiquement par les mots de leurs textes, pourraient se passer de catalogue.

En l’absence du champ d’indexation matière, on perd plus de 35% des références, avertissent Tina Gross et Arlene G. Taylor (2005). Bruno Menon, bien que n’étant pas bibliothécaire, défend le catalogue et l’indexation matière, à condition (1) que le vocabulaire contrôlé soit suffisamment riche, tenu à jour, largement doté en points d’accès et mis à disposition de tous sous une forme aisément compréhensible, et (2) que  l’indexation soit faite soigneusement. Il faut indexer en fonction d’un langage précoordonné pourvu d’une syntaxe, précise même Thomas Mann (2000) (le fameux… bibliothécaire, vous l’aurez deviné ! ).

Tout cela a un prix ! Sur la question des coûts, Bruno Menon soulève  une question  de fond(s) :

« Une rationalité marchande doit-elle s’appliquer dans le cas des institutions culturelles, et en particulier de bibliothèques de recherche ? » Selon lui, les catalogues et Google sont des systèmes différents qui doivent pouvoir coexister, s’adresser à des publics plus ou moins nombreux, et répondre à des besoins divers, sans pour autant s’exclure. B. Menon relève qu’au moment où il est question de déstructurer ou de déconstruire les catalogues, on travaille beaucoup sur la structuration des données. L’architecture du Web sémantique reprend en partie le modèle conceptuel du catalogue :

  • données = collections
  • métadonnées = notices
  • ontologies = autorités

[Ontologies : il s’agit des principes fondamentaux d’un domaine et leurs relations. (Roberts, Roger, 2008)]

En conclusion, Bruno Menon cite Michel Mingam (2005), dont il partage le point de vue sur l’importance du langage d’indexation :

« […] un outil dont les pesanteurs sont certaines mais dont les potentialités nous semblent loin d’avoir été entièrement épuisées, y compris dans le contexte des évolutions techniques en cours, si l’on veut bien admettre que ces dernières ne sauraient totalement évacuer la question des contenus intellectuels. ».

Thomas Brauchli

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